Die Kunst der Fuge

Publié le par La musique, une nuisance qui s'honore

Bonjour !

 

Aujourd’hui j’ai décidé de vous parler d’une œuvre qui me tient à cœur : l’Art de la Fugue du grand Jean Sébastien Bach (die Kunst der Fuge).

 

C’est une œuvre qui a une particularité : elle n’a pas été écrite pour une formation particulière (c’est en tout cas ce que pensent nombre de musiciens de nos jours)… ce qui permet de la penser pour l’instrumentation que l’on souhaite ! L’Art de la Fugue se présente presque comme une œuvre à visée didactique, ne présentant ses contrepoints à quatre voix que pour servir d’exemples et de modèles dans ce genre très difficile. C’est en tout cas ce que pensent actuellement certains musiciens de cette œuvre qui garde aujourd’hui encore sa part de mystère.

 

L’Art de la Fugue est une œuvre inachevée de Jean Sébastien Bach. Elle porte le numéro 1080 dans le catalogue BWV*. On estime que Bach aurait commencé l’écriture cette œuvre entre 1740 et 1742 et qu’il l’aurait poursuivie jusqu’à sa mort en 1750. L’Art de la Fugue est bien souvent considérée comme le « testament musical » du compositeur. De fait, dans la dernière fugue est construite sur trois sujets, parmi lesquels se trouvent la transcription musicale du nom de Bach (si bémol / la / do / si bécarre). De plus, une note de Carl Philippe Emmanuel Bach (fils de Jean-Sébastien) sur cette fugue inachevée nous indique que J.S. Bach serait mort la composant.

 

L’œuvre globale est composée de vingt-deux pièces appelées contrepoints, qui sont toutes** construites sur un même sujet (thème).

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/97/Art_de_la_fugue_exemple01.png

           

Voici ce sujet qui ouvre le premier contrepoint. Toutes les fugues qui suivent sont écrits dans la même tonalité (ré mineur) et proposent soit un développement, soit une variation de ce premier sujet. Cette unité « thématique » et tonale permet l’unité de l’œuvre. Mais J.S.Bach parvient néanmoins à écrire une œuvre d’une extraordinaire diversité. Car si tous les contrepoints répondent aux exigences strictes de la fugue, tous ne sont pas tout à fait construits de la même façon. Ainsi, on trouve des fugues "simples", des fugues par augmentation ou diminution, de fugues en miroir, des fugues à plusieurs sujets, des canons (au total dix huit fugues et quatre canons). Bach exploite dans l’Art de la fugue son génie de compositeur et de contrapuntiste.

 

Chaque contrepoint est indépendant des autres, ce qui permet une fragmentation aisée, aussi il est assez rare d’entendre en concert l’œuvre jouée dans son entier. La première représentation intégrale dont on ait gardé trace date de 1927. D’autre part, il est possible de l’entendre dans des versions très diverses : les plus répandues sont les versions au clavier (clavecin, piano ou orgue), et celles en quatuor à cordes. Mais rien n’empêche de jouer cette œuvre avec une toute autre instrumentation.

C’est notamment cette absence de précision sur la formation qui a longtemps fait penser que l’Art de la Fugue était une œuvre uniquement théorique et pédagogique, un exercice intellectuel et de pensée sur le contrepoint que Bach nous laissait pour qu'on l'étudie et pour laisser une trace de son écriture contrapuntique très rigoureuse.

Mais ce n’est pas l’avis de tout le monde. Ainsi, Gustav Leonhardt, organiste et chef d’orchestre hollandais a tenté de démontrer dans les années 1950, que l’œuvre était à la base prévue pour être jouée, et écrite pour clavecin. Quid de la fugue inachevée ? Elle ne serait qu’un ajout sans rapport avec le cycle, car  de tonalité et de sujet différente.

Une vision plus récente des choses laisse à penser que cette dernière fugue aurait bel et bien été pensée par J.S.Bach comme appartenant au cycle, mais que celui-ci l’aurait volontairement laissée inachevée, comme une énigme musicale, ou comme une invitation aux futurs compositeurs à la terminer de leur façon.

 

Mais alors, est-on sûr que L’Art de la Fugue soit une œuvre inachevée ? Et bien non. D’après les dernière analyses graphologiques et des filigranes du papier, on daterait aujourd’hui l’Art de La Fugue entre 1740 et 1745. Bach l’aurait donc terminée bien avant sa mort ! Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce points. D’autres pensent que Bach ne se serait arrêté que quelques mois avant de mourir. Mais si cela est vrai, nous ne savons toujours pas ce qui aura alors poussé Jean-Sébastien Bach à laisser son œuvre inachevée.

 

Tout ce que l’on pet affirmer, c’est que plus de 250 ans après sa composition, Die Kunst der Fuge est une œuvre qui n’a pas fini de nous fasciner…

 

*Le Bach-Werke-Verzeichnis (en français : Catalogue des œuvres de Bach), désigné couramment par le sigle BWV, est le catalogue thématique des œuvres de Bach, établi dans les années 1950 par Wolfgang Schmieder.

 

**sauf la fugue inachevée

 

Trêve de paroles, je vous laisse (re)découvrir quelques contrepoints de cette œuvre avant tout magnifique ! (Dont deux versions du premier contrepoint: une pour cordes et une au piano par Glenn Gould, réputé pour ses interprétations de Bach (et oui, il chante en même temps qu'il joue... mais ça reste Glenn Gould!))

 

 

 

 

 

Sources : http://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Art_de_la_fugue  //  http://www.musicologie.org/theses/gould_01.html  // http://www.spiritus-temporis.com/wolfgang-schmieder/

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