Côa?

Publié le par Une nuisance qui s'honore

Bonjour!


Voici donc l'article qui va véritablement ouvrir ce blog!

Et il est consacré à un opéra: Platée ou Junon Jalouse de Rameau! Pourquoi Platée? Parce qu'il s'agit d'une oeuvre qui fait un peu office de "bizarrerie musicale".


Petit retour sur la situation historique...

L'opéra est crée le 31 mars 1745, dans le grand manège couvert de Versailles, lors du mariage du Dauphin avec l'Infante d'Espagne. Nous approchons donc de la fin du baroque musical. Cette époque aura été celle du tragique, du drame, de l'héroïque. Mais on trouve tout de même un nombre important de pièces lyriques qui se rattachent au genre de la comédie. Et c'est le cas de Platée ou Junon Jalouse. Cette pièce fut même qualifiée de "ballet bouffon" lors de sa création. Et pour cause, le ridicule y tient une place conséquente! Le rôle principal est celui de Platée, qui n'est autre qu'une... grenouille! L'opéra raconte, non sans ironie, la vie de cette naïade "aveuglément crédule"(dixit Cithéron), de qui vont se jouer les dieux, pour conjurer le courroux de Junon.   

 

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Synopsis:

Junon étant fâchée contre Jupiter, Mercure s'en va chercher auprès de Cithéron le moyen de réconcilier le couple divin. Cithéron lui propose d'organiser un faux mariage avec la naïade Platée (très laide et nymphomane), et, partant, de provoquer une réaction jalouse de la part de la déesse. Jupiter accepte l'idée et descend des cieux à bord d'un char dissimulé dans des nuages. Il prend d'abord l'apparence d'un âne puis celle d'un oiseau et se montre enfin sous sa forme véritable. D'abord effrayée, la naïade est bientôt submergée par la joie et l'hymen finit par être annoncé. Comme prévu, Junon entre dans une colère terrible. Elle surgit au beau milieu de la cérémonie nuptiale, se jette sur Platée, arrache son voile et, comprenant son erreur, part d'un éclat de rire et consent à se réconcilier avec Jupiter. Tous deux regagnent alors le royaume céleste, laissant la pauvre naïade seule, humiliée et en proie aux moqueries des villageois, des satyres et des dryades. L'histoire s'achève sur une grosse colère de Platée qui manque de tordre le cou à Cithéron et qui, de dépit, finit par se précipiter dans son marais.


Un divertissement... moralisateur?

Rameau offre donc un divertissement avec l'histoire de cette comédie lyrique. Mais il pousse le ridicule plus loin encore. De fait, il n'hésite pas à faire imiter les grenouilles au choeur. On trouve ainsi le "choeur des grenouilles", dont les paroles sont, je vous le donne en mille: "côa, côa, côa"* Par ailleurs, le rôle de Platée est tenu... par un homme! Ce qui accentue encore, s'il est possible de le faire, son ridicule pitoyable. Toutefois, on peut aussi relever un élément qui semble rapprocher Platée de la catharsis de la tragédie classique: dans le prologue de l'oeuvre, Thespis (poète et dramaturge grec), annonce que "par des leçons réjouissantes, (il) corriger(a) les humains". Il apparaît donc que l'oeuvre présente, cachée sous les attraits du rire, une leçon de morale. La jalousie de l'homme ne serait donc peut-être ici tournée en ridicule que pour nous en montrer l'inutilité et la futilité...


*je ne sais plus si le texte apparaît avec cette orthographe ou si l'on trouve "quoi", toujours est-il que le rendu sonore reste le même!


Pérennité de l'oeuvre:

Selon Rameau lui-même, il n'y eut "pas au théâtre de succès plus marqué que celui de Platée". La comédie lyrique inspria même plusieurs parodies : La Jalouse désabusée, pantomime représentée à la Foire St Germain en mars 1749, et Le Jaloux désabusé, représenté à l'opéra Comique en mars 1749, précédé de la Vieillesse amoureuse et des Dénicheurs de merles. Mais le succès initial fut de courte durée. En effet, reprise en 1754, l'oeuvre n'attira cette fois plus vraiment le public. De même, le succès de la reprise de 1759 fut très mitigé. Depuis, on trouve plusieurs mise en scène de Platée, toutes plus ou moins extravagantes !

 

Pour ma part, je vous conseille la version avec les choeurs et musiciens des Musiciens du Louvre, dirigés par Marc Minkowski et dans une mise en scène de Laurent Pelly. Au niveau de la distrubution, on ne peut que saluer la prestation de Paul Agnew dans le rôle de Platée, et Mireille Delusnch qui tient celui de Thalie et de Le Folie avec un brio rare!

 

Voilà donc une petite présentation de Platée ou Junon Jalouse de Rameau!

 

Et pour terminer, un petit apreçu, avec le personnage de La Folie!

 

sources: wikipédia / http://pagesperso-orange.fr/jean-claude.brenac/RAMEAU_PLATEE.htm / http://ahbon.free.fr/Comedies.html /     Opéra Compositeurs.Oeuvres.Interprètes d'Andreas Batta, ed. Könemann

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Thierry-alias-Jean-Philippe 02/08/2010 10:30


Re-re-bonjour ! Bravo, bravo, bravo ! Merci pour cet article sur un opéra de Jean-Philippe RAMEAU : c'est mon maître !! Je ne peux que vous inviter à venir consulter mon blog : plusieurs articles
lui sont dédiés ainsi qu'une présentation de ces oeuvres ! Il suffit de vous rendre dans la colonne de droite, de consulter la rubrique "Catégorie d'articles" et il y a la ligne "Jean-Philippe
RAMEAU (1683-1764)" !! Vous trouverez plein d'extraits musicaux de ces oeuvres ! Et en venant consulter mon blog, vous aurez l'explication de mon pseudo !! Je suis tellement ravi par ce que vous
faites que je vais porter les coordonnées de votre blog dans mes Liens afin de mieux vous retrouver ! Je vous souhaite de passer une bonne semaine et je vous dis à très bientôt donc !!